F-O-G est né aux États-Unis en 1949, d’un père américain et d’une mère française. Il arrive en France à l’âge de trois ans. Après avoir collaboré à la page littéraire de Paris-Normandie, il entre au Nouvel Observateur en 1971. Il deviendra le directeur de la rédaction de l’hebdomadaire en 1985. Par la suite, il est nommé directeur de la rédaction du Figaro, puis en 2000 du Point. F-O-G  a publié de nombreux romans et  essais politiques. Il intervient aussi dans différentes émissions et tribunes à la télévision.

En présentant son dernier ouvrage – Le Sursaut – F-O-G affirme : « Je me suis attelé à ce vaste projet, une histoire intime de la Ve République pour essayer de comprendre comment notre cher et vieux pays a pu en quelques décennies s’affaisser à ce point »
Une histoire intime donc, faite de petites histoires et d’anecdotes. « Je cherche à décrire un monde et une manière d’être français dont le souvenir commence à s’éteindre ». L’auteur y va de formules tranchantes et d’analyses à l’emporte-pièce dont il s’est fait la réputation. «Aucun successeur après De Gaulle n’a été à la hauteur. Le Général a réussi à tout changer. C’était un militaire pour lequel la fin justifie les moyens. Le gaullisme, c’est une méthode...mais aussi de la manipulation, notamment sur l’Algérie ». « La méthode : des objectifs, déléguer, accepter la critique ». « Du sang sur les mains ? » FOG est affirmatif et apporte des éléments factuels sur  l’assassinat de l’Amiral Darlan à Alger où des financements gaullistes ont été trouvés sur les exécutants. De Gaulle, dès 1944 était convaincu que « La seule victoire dans la décolonisation, c’est de s’en aller », également hostile a tout autre solution du type intégration «  la métaphore de l’huile et du vinaigre » et « Colombey-les-deux-Mosquées », conscient des phénomènes démographiques et civilisationnels.   De Gaulle est présenté tour à tour génial inspiré, opportuniste calculateur, novateur et...dépassé par les évènements de 68. Le tout mis en parallèle avec le vécu d’une famille Giesbert très engagée.
FOG
 
Au cours de son intervention, F-O-G tire sans ménagement sur les gouvernants français qu’il juge non adaptés et sans courage. La France est en déclin, proclame t-il. Les dépenses publiques sont incontrôlées, la balance commerciale est durablement déficitaire, 50 % de la dette publique est détenue par la Chine et le Qatar, les gouvernants ne règlent pas les vrais problèmes… Avant d’ajouter que le déclin français n’est pas inéluctable.

Par la suite, le conférencier tentera de répondre aux questions du public, sans jamais aller au fond des choses. Comment voyez-vous l’avenir de la gauche aujourd’hui ? « La gauche aujourd’hui, c’est l’extrême gauche, avec des programmes qui ne peuvent pas marcher ! Il y a pourtant des leaders possibles... ».
Comment réussir des réformes ?, interroge un participant. « Il faut faire très vite les réformes dans les trois premiers mois sans crainte des manifestations ». A l’image de Margaret Thatcher qui a cassé le syndicalisme au Royaume-Uni  mais aussi de Gerhard Schröder leader social démocrate qui de 2002 à 2004 a mis en oeuvre en Allemagne un programme de réformes de l’état providence … « On ne fait pas de la politique avec de bons sentiments », ajoute F-O-G, décidément à fidèle à son image controversée.
Patrice Saint André – Jean-Claude Charrier