Arnaud Leclerc est professeur de Sciences Politiques à l'Université de Nantes, titulaire de la chaire Jean Monnet et directeur de la MSH Ange Guépin. Présentation Madie Magimel et Jean-Claude Charrier.

Comment se passe la relation entre les médias et l'opinion ? Telle était la question posée par Maddie Magimel en ouverture de la conférence.
Pour situer le débat, Arnaud Leclerc rappelle quelques chiffres. Un français passe, en moyenne, 3h45 de son temps journalier devant la télévision. Un enfant de 4 ans, 2h09 ! Devant le journal de 20h, il y a entre 20 et 25 millions de téléspectateurs.  5 à 7 millions pour les émissions politiques, mais 22 millions au soir du premier tour de l'élection présidentielle de 2017 . Du temps passé devant les écrans, c'est moins de temps consacré aux activités sociales…
Un message envoyé par les médias modifie-t-il le comportement du récepteur ? Discutable, selon Arnaud Leclerc. Ainsi, les médias américains ont tiré à boulet rouge sur Trump...ce qui n'a pas empêché son élection. Petit cours de communication !
L'exposition à un message est toujours sélective. Nous nous exposons vers ce que nous aimons ! De plus, la perception d'un message est aussi sélective. Nous mémorisons ce qui correspond à nos centres d'intérêt.
Dans la fabrication de notre opinion, les leaders d'opinion jouent un rôle important, par un mécanisme de contagion et d'amplification. Il faut aussi prendre en compte, l'effet d'agenda (l'inscription d'un thème dans les médias à un moment opportun), l'effet de personnalisation (les petites phrases et slogans qui font échos) et l'effet de diversification (mélange entre politique et divertissement). Des effets qui amplifient les valeurs dominantes véhiculées par les médias.
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Les médias sont-ils responsables du pessimisme permanent de l'opinion française ?, questionne Jean-Claude Charrier. Pour Arnaud Leclerc, ce ne sont pas les médias qui portent cette responsabilité, mais notre culture et notre histoire commune. Les médias recherchent la plus grande audience possible, mais ils n'ont pas la volonté consciente de manipuler l'opinion.
La question du contrôle à la source des informations reste un point essentiel pour les journalistes. Quant au citoyen responsable, il lui faut apprendre à trier et à hiérarchiser les informations, un enjeu majeur notamment pour les jeunes générations.