Philippe Bilger a été présenté par Jean-Claude Charrier, en introduction de la conférence.
Magistrat, juge d'instruction, avocat général à la Cour de Paris, Philippe Bilger, en retraite depuis 2009, a créé l'Institut de la parole. Observateur du monde médiatique et judiciaire, le conférencier intervient régulièrement dans les médias radios et télévisions, il communique sur son blog et a écrit plusieurs ouvrages, notamment « La Parole, rien quelle » (2017) et « Moi, Emmanuel Macron, je me dis que... » (2017).
L'art de l'éloquence...ou comment ne pas traiter le thème de la conférence ! Tel pourrait être le sous-titre de cet exposé qui a séduit plus par l'art de l'orateur que par le fond des questions abordées.
« Il y une part importante de narcissisme dans ma façon de communiquer », affirme Philippe Bilger en débutant son exposé, comme pour poser le décor. « Parler librement est épuisant et je comprends les paresseux qui ont le droit de se taire. Dans le débat intellectuel, les idées doivent être contredites et dépassées. Dans ma vie professionnelle, j'ai toujours eu une liberté de parole, ce qui m'a créé des désapprobations et des désagréments »
Philippe Bilger est conscient que « l'éloquence est un moyen de dissimuler la pensée, une cerise sur le gâteau dans la communication ». Est-ce, alors, la raison pour laquelle le thème de la conférence a été si peu abordé ? Très vite, l'orateur s'en remet aux questions de la salle, ce qui lui permet d'aborder des sujets diversifiés, sans entrer véritablement dans le fond des choses. Eloquence et humour rivalisent alors comme un exercice de séduction qui fonctionne plutôt bien !
Le « Mur des cons » ? questionne un participant. « Je suis sur le mur… et c'est un honneur ! Mais c'est aussi un scandale démocratique ».
Le devoir de réserve du magistrat ? « Je revendique une magistrature d'influence , mais je n'ai jamais transgressé »
La réédition des pamphlets antisémites de Céline ? « J'y suis favorable, car je ne crois pas que l'on puisse interdire une publication qui peut, par ailleurs, être lue sur Internet ou au Québec ».
PBilger

La surpopulation des prisons ? « On déplore l'état des prisons mais on fait peu de choses pour y remédier. Le moment important, c'est la sortie de prison... »
Le journalisme d'investigation ? « Par le passé, j'ai défendu la presse people qui me paraît légitime sauf quand elle pénètre dans l'univers de l'intime. La loi est, dans ce domaine, un pansement inutile. Ce qui compte, c'est l'éthique du journaliste».
Philippe Bilger conclut sa conférence comme il l'a commencée. « Je ne sais rien faire d'autre que de parler et d’exprimer mes convictions ! Si j'étais Garde des Sceaux, je ne ferai aucune nouvelle loi, mais j'injecterai dans l'appareil judiciaire des moyens humains et matériels ».