Reporter de guerre indépendante, Anne Nivat a eu l'envie d'écrire sur son propre pays, la France. Elle a publié Dans quelle France on vit (Fayard, 2017)

Extraits de la conférence, présentée par Madie Magimel
"En temps de guerre, l'espérance est la paix. Mais quand la paix règne depuis longtemps, où trouver l'espérance ?"
En réalisant ce long reportage en immersion, Anne Nivat s'est mise en quête de vérité (enquête de vérité), comme pour trouver, dans cette radiographie de la France oubliée, des raisons d'espérer. "Être sur le terrain, c'est ce qui me donne le droit d'écrire . Pas de démonstration, pas de jugement, je veux montrer, car montrer, c'est déjà pointer du doigt !"
En s'installant pendant trois semaines dans cinq villes françaises de taille moyenne (environ 50 000 habitants), Anne Nivat a voulu s'immerger pour comprendre. "Pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps" (Gustave Flaubert) La journaliste réside chez les habitants, en totale immersion. Elle fait des rencontres improbables, comme ces jeunes Tchétchènes au pied des caisses d'un supermarché. Elle écoute, elle entend beaucoup de choses que l'on n'a pas forcément envie d'entendre. "J'ai l'ambition de ramener de l'information sans juger, sans analyser".
A Nivat
"Certaines élites parisiennes n'ont pas compris ma démarche. Pour eux, c'était impensable de s'immerger dans une ville à quelques heures de Paris. Cependant, pour moi, cette démarche est de même nature que mon travail de reporter de guerre".
A la sortie de son livre, en mars 2017, Anne Nivat a reçu, entre autres, une lettre manuscrite de François Hollande. "Merci d'avoir été voir sur le terrain...mais votre livre m'a fait souffrir !" Alors, des raisons d'espérer ? "Dans mes rencontres, j'ai ressenti beaucoup d'humour qui est aussi une façon de s'en sortir !" Anne Nivat défend sa démarche avec passion et authenticité, loin des discours stéréotypés de la "machine médiatique". Du journalisme de terrain à l'ancienne !