• Le 17 décembre 2019
    De 14:30 à 16:00
    Campus Centre Loire
    Amphi 9, faculté de Médecine, 1 rue Gaston Veil, Nantes
    • Gratuit étudiants UP, étudiants en formation initiale, Personnel de l'Université sur présentation de la carte
    • 5 € tout public
    Aucune réservation, billetterie sur place
     
  • Plan d'accès

Matisse illustre les Fleurs du MalL’intimité entre Matisse et Baudelaire est une longue histoire. Dès 1904, Matisse intitule un de ses tableaux "Luxe, Calme et Volupté", reprenant ainsi le vers-refrain de « l’Invitation au voyage » de Baudelaire qui deviendra la quête qu’il poursuivra à travers son œuvre.
Dès 1930 Matisse envisage l’illustration des « Fleurs du mal ». Pendant la guerre, essentiellement lors de ses insomnies, il sélectionne un choix de 33 poèmes de Baudelaire. Il retient les thèmes de la beauté de la femme (« Le Léthé », « Le Chat », « La Chevelure »…), la passion qu’elle engendre, le voyage (« L’Invitation au voyage »…), le poète (« Bénédiction »…). Il élimine tout ce qui touche à la douleur, au spleen et au malheur.
Le peintre conçoit l’illustration du livre comme « un équivalent plastique du poème » et décide de dessiner des visages de femmes qui éveillent en lui des correspondances avec la poésie de Baudelaire qu’il connaît par cœur. C’est un long travail de huit mois qu’il mène jusqu’en 1944. Il choisit quatre modèles, la blonde Lydia, son modèle et aide d’atelier d’origine russe, Nelk, venue montrée ses dessins à Matisse, Carmen, l’Haïtienne et Nénette qui posera pour Jeune femme à la pelisse, fond rouge, vêtue d’une robe blanche et d’un manteau de fourrure blanche sur un fond jaune et rouge.
Il dessine aussi un portrait de Baudelaire, d’Apollinaire et un autoportrait. Il utilise un crayon gras sur papier report car les compositions sont destinées à être reportées sur la pierre à lithographier. En 1946, à partir de la maquette du texte imprimé selon ses directives, il dessine à la plume les lettrines en « grandes capitales ornées » et des centaines de culs de lampe et ornements, simple ligne cursive et souple qui s’enroule et se déroule comme « un long serpent qui danse ».
En janvier 1947, il travaille la couverture, invente une pieuvre qui symbolise la beauté et le mal réunis, puis change de thème, dessine des feuilles de sagittaire, des fleurs, des algues. Un simple contour mi-algue mi-feuille, proche des gouaches découpées, sera finalement retenu.
Le livre de 174 pages contient 33 gravures, l’eau forte du frontispice, 38 ornements et culs de lampe et 33 lettrines gravées. Le tirage des planches en lithographie s’avère tragique puisque les feuilles de papier report déformées par les manipulations du lithographe sont inutilisables. Aragon propose alors d’éditer le livre à la Bibliothèque Française qu’il dirige. Matisse tente de redessiner les portraits à partir des photographies qu’il avait fait prendre, mais « Matisse est resté et Baudelaire a disparu ». Ce sont donc les photographies des portraits, tirées en photo-litho qui seront utilisées.
La conférence-lecture
La conférence tente de faire vivre la longue gestation de la création du livre des « Fleurs du mal » et les rapports entre la poésie de Baudelaire et l’illustration de Matisse qui en conçoit la totalité, depuis le choix des poèmes jusqu’à leur mise en page, les dessins des lettrines, des bandeaux, la couverture…
Dominique Szymusiak situe Matisse et ses recherches plastiques dans le contexte des années 1940 qu’elle illustre d’œuvres, de photographies et des planches dessinées et mises en page par Matisse.
Isabelle Billet présente Baudelaire et Les Fleurs du mal et lit 19 poèmes.
 
Dominique Szymusiak
De 1974 à 1980,  Conservatrice au musée des Beaux-arts de Lille.
De 1980 à 2012 : Conservatrice du Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis.
1982 : ouverture du deuxième musée Matisse avec les donations faites par Matisse et par Herbin.
1992 : le musée est départementalisé par le Département du Nord
Novembre 2002 : ouverture du le troisième Musée Matisse enrichi d’acquisitions et de donations de la famille Matisse. Il reçoit la célèbre donation faite par Alice Tériade des livres édités par Tériade avec Rouault, Miro, Giacometti, Chagall, Picasso, Matisse…. Organisation de nombreuses expositions sur l‘œuvre de Matisse, Herbin, l’abstraction géométrique, l’art contemporain. Sensibilisation à l’art pour les enfants et les adultes et rencontres entre les arts.
Aujourd’hui, à la retraite, continue de travailler sur l’œuvre de Matisse, d’Herbin, Tériade et avec des artistes contemporains.

Isabelle Billet
Directrice du Théâtre de la Lune Vague (Saint-Nazaire), metteuse en scène, comédienne, auteur et formatrice.
Sa recherche est allée vers un théâtre qui réunisse émotion et réflexion dans  des formes esthétiques diversifiées et dans la transversalité des arts et des savoirs : théâtre, poésie, théâtre et arts plastiques, théâtre et musique, théâtre et danse, théâtre et philosophie
Elle a souvent travaillé en collaboration avec Le Musée Matisse du Cateau Cambrésis.
Actuellement elle réalise et dirige de nombreuses  lectures et lectures/ concerts pour des scènes nationales, des médiathèques, des conservatoires et lors de festivals.