• Le 25 mars 2019
    De 14:30 à 16:00
    Campus centre ville
    Amphi Kernéis, 1 rue Bias, Nantes
  • Gratuit étudiants UP sur présentation de la carte étudiant 2018/2019, étudiants en formation initiale et personnel de l'Université
    5 € tout public
    Aucune réservation, billetterie sur place
  • Plan d'accès

Black_Military_BandsEntre septembre 1917 et les premiers mois de l’année 1918, 27 nouveaux régiments « noirs » furent créés pour soutenir l’effort de guerre outre-mer des AEF (American Expeditionary Forces). Chacun de ses negro regiments a fini par constituer son propre orchestre militaire, dont le plus documenté est celui du 15ème New York, devenu le 369ième « Hell Fighters » sous le bâton de James Reese Europe.  Ces « black military bands » - ainsi que quelques groupes informels de musiciens qui se sont constitués ad hoc parmi les appelés au sein des bases et hôpitaux américains de « l’arrière » - ont animé de leur jass de nombreuses festivités franco-américaines (concerts, bals, défilés, rencontres sportives, arbres de Noël, …). La France découvre une nouvelle forme de musique qui se joue des conventions des harmonies militaires classiques et qui est rapidement adoptée tant par la population que par les officiels et politiques qui y trouvent une source de distraction pour des garden parties et autres bals des officiers, sinon une thématique de discours de rassemblement ainsi qu’un sujet de communication facile.  La voix de la presse française se fait écho des éloges à l’égard des musiques militaires noires et multiplie les témoignages et éditoriaux qui mettent au premier plan non la couleur mais la culture de ces musiciens noirs américains, s’interrogeant par ailleurs sur le traitement qui leur est réservé par leurs officiers américains blancs. Rapidement, ces expressions positives vis à vis de la population noire sont reprises par les journaux afro-américains ( black news papers). Soutenue par une représentation « jazz » qui est considérée dorénavant comme une création artistique exclusive de la population noire, une nouvelle identité afro-américaine est en train de se co-construire et de se légitimer autour de l’argument d’équité culturelle, sociale et politique non à l’égard de la couleur mais de la culture inhérente d’une population qui s’autoproclame dès lors « the Race » : Simple phénomène qui prend son départ dans les rubriques des « nouvelles locales » et autres « divers » lors du déploiement des AEF en France, ce dernier est repris avec force par les combattants noirs de retour au pays et se concrétise dans un important mouvement politique de la population afro-américaine qui réclame des human rights tels qu’on les leurs avait accordés en France. Commence alors un soulèvement intellectuel contre la ségrégation qui sera étouffé dans le sang (« Bloody Summer ») dans l’année d’après guerre 1919 et faillit reléguer de nouveau les jazzmen noirs dans leur rang de « coon » (amuseurs de spectacles Vaudeville) ou encore de saltimbanques exotiques des revues nègres parisiennes.

Claus WALKSTEIN a fait de multiples séjours de recherche et de documentation aux US et notamment à la Nouvelle Orléans où il entretien de nombreux contacts avec des chercheurs historiens, anthropologues et sociologues du jazz.
Président de l’Association Pays de la Loire France Preservation Jazz, Claus WALKSTEIN est aussi banjoïste, chanteur de jazz et bandleader de deux orchestres traditionnels.