• Le 24 janvier 2023 de 14:30 à 16:00
    Campus Centre Loire
    Amphi 9, faculté de Médecine, 1 rue Gaston Veil, Nantes
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    • Gratuit étudiants UP, étudiants en formation initiale et Personnel de l'Université sur présentation de la carte
    • 5 € entrée "tout public"
    Aucune réservation, billetterie sur place

  • Plan d'accès

14h30 - Amphi 9, faculté de Médecine

On peut être tenté de retenir avant tout du roman proustien le sentiment, éprouvé par le héros, d’un accès à l’intemporel dans l’expérience de la réminiscence. Mais ce serait oublier les leçons de la scène qui vient clore Le Temps retrouvé, une scène dont les acteurs vieillis offrent à celui qui les retrouve après une longue absence le spectacle du Temps enfin rendu visible. Avant même d’en saisir clairement l’articulation, on pressent que ces deux pôles antithétiques renvoient à une même pensée, une pensée devenue obsédante selon l’aveu même du Narrateur, celle de la mort. Et la force de cette œuvre, qui est bien un roman, tient au fait que cette pensée de la mort dont le fil court tout au long du récit demeure de bout en bout une pensée incarnée, incarnée dans des êtres, incarnée dans des situations où alternent et parfois se mêlent le drame et la drôlerie...
La mort dans ce livre - qui déroule à la fois la chronique d’un monde et l’histoire d’une vocation d’écrivain, confondue avec celle d’une vie tout entière – est une péripétie dans la vie sociale (jeux alors de la comédie et satire des caractères et des comportements), une catastrophe dans la vie intime du héros (souffrance et dégradation de l’être aimé, douleur de la perte, tragique de l’absence), une menace et un aiguillon dans la réalisation de l’œuvre à accomplir, un mystère à interroger, le signe d’une carence de l’être que l’art a peut-être pour mission de compenser.
Explorer la question de la mort dans A la recherche du temps perdu, c’est rejoindre la conscience d’un fils et d’un amant, hantée par un double deuil, mais c’est aussi parfois adopter le regard d’un naturaliste ou d’un clinicien, c’est suivre la démarche d’un penseur constamment en prise sur l’expérience sensible, c’est recevoir quelque chose des éclairs qui traversent la vision d’un poète.

Yves Fravalo, ancien professeur dans les Classes Préparatoires du lycée Guist’hau, il propose actuellement à l’Université Permanente un Cycle proustien. En 2019 Yves Fravalo a  publié, aux éditions "Terres du couchant", un récit intitulé "Et les printemps pourtant".