• Le 02 décembre 2019
    De 14:30 à 16:00
    Campus Centre Loire
    Amphi 400, faculté de Pharmacie, 9 rue Bias, Nantes
    • Gratuit étudiants UP, étudiants en formation initiale et Personnel de l'Université sur présentation de la carte
    • 5 € entrée "tout public"
    Aucune réservation, billetterie sur place

  • Plan d'accès

Cet ouvrage a reçu le Prix de Loire-Atlantique 2019 (Académie de Bretagne et des Pays de la Loire) Cet ouvrage a reçu une critique nationale très élogieuse, Jacques Vaché étant considéré comme un des inventeurs du Surréalisme. Conférence présentée par Henri Copin

Jacques Vaché, figure incontournable de la naissance surréalisme,  est devenu célèbre grâce à sa correspondance avec André Breton, qu’il avait rencontré  lors d’un séjour à l’hôpital de la rue du Boccage  à Nantes.  158 lettres dont certaines inédites,  voici tout ce qu’il reste de ce dandy  plongé dans une guerre atroce et qui ne s’en relèvera pas. Il est retrouvé mort d’une surdose d’opium à l’hôtel de France  en 1919 avec son ami Bonnet. IL avait vingt-trois ans,  il  était encore sous l’uniforme, et son nom restera éternellement  celui par qui le surréalisme est arrivé. Du premier Manifeste à ses derniers Entretiens, André Breton aura toujours célébré celui qu’il appelait «l’homme que j’ai le plus aimé au monde». Et quinze Lettres de guerre, envoyées depuis le front à son ami poète ainsi qu’à Théodore Fraenkel et Louis Aragon, auront suffi pour que Vaché devienne la référence  de plusieurs générations. Breton  parlait en 1919 de son «Umour» sans H, surgi au milieu des combats, l’expression poétique la plus pure de l’humour noir et surtout de la «désertion intérieure».
Il  s’adresse ici tant à ses amis artistes et poète (Fraenkel, Breton, Aragon), qu’à sa marraine de guerre (Jeanne Der¬rien), sa famille dont “sa petite maman” à laquelle il raconte son quo¬ti¬dien et son père traité avec  plus de distance. Le poète myope aux cheveux blonds, impeccable, fringant, chic, froid, dandy au monocle s’était “armé” ainsi pour cacher sa souffrance en jouant des per¬son¬nages. Loin¬tain et proche, Vaché resta de fait à la dérive. Présentés pour la première fois l’intégralité des lettres écrites par Jacques Vaché à sa famille et à ses amis pendant la guerre (158 dont 23 totalement inédites) était une gageure, parfaitement maîtrisée   par les deux auteurs. Les lettres sont complétées de dessins et celles qui sont  les plus intéressantes sont peut-être celles à Jeanne où phrases syncopées, syntaxe bruyante et dessins griffonnés annoncent celles pour les amis poètes. En quelques lettres, Vaché a conscience de son talent et de ce qu’il aurait pu faire en tant que peintre et écrivain qui rejetait néanmoins ce “boulet au pied” qu’est toute oeuvre d’art. Ces missives inspirèrent grandement Dada et le dadaïsme. Breton fit beau¬coup pour entretenir ce mythe jusqu’à trans¬for¬mer la mort de Vaché en suicide et non en accident  mais on ne saura jamais la vérité.

Patrice Allain, maître de conférences à l’Université de Nantes répondra aux questions d’Henri Copin.